Recertification B Corp : un score en hausse, une exigence assumée

Le 9 septembre 2025, Paradigm21 a été recertifiée B Corp avec un score de 114,2 points.

Le label B Corp évalue l’impact global d’une entreprise : sa gouvernance, ses collaborateurs, sa collectivité et son impact environnemental. Nous avons choisi ce référentiel plutôt qu’un autre pour sa transversalité. Là où d’autres labels se limitent à un produit ou à un aspect ciblé, B Corp passe au crible la totalité de notre fonctionnement.

C’est un outil pragmatique. Il nous force à tester et à incarner nos propres pratiques en interne pour ensuite mieux accompagner nos clients sur le terrain.

Ce chiffre est important. Mais il n’est qu’un indicateur.

Une recertification ne mesure pas seulement ce que nous déclarons. Elle vérifie ce que nous faisons réellement. Chaque engagement doit être prouvé. Chaque politique doit être documentée. Chaque pratique doit pouvoir être retracée.

Cette exigence est saine. Elle oblige à sortir du discours.

Une progression qui mérite d’être comprise

En 2022, nous avions obtenu 88,5 points. Voir notre article à ce sujet

En 2025, nous atteignons 114,2 points.

Le seuil de certification est fixé à 80 points.

La moyenne des entreprises qui complètent l’évaluation est de 50,9 points.

Cette progression de plus de 25 points n’est pas le résultat d’un simple affinage administratif. Elle reflète un déplacement plus profond : nous avons cherché à transformer des intentions en mécanismes durables.

Quand un cadre devient un révélateur

Un référentiel comme B Corp peut être vécu de deux manières. Il peut être perçu comme une contrainte externe, une série de critères à satisfaire pour obtenir ou conserver un label. Mais il peut aussi être utilisé comme un outil de clarification interne.

Ce que nous avons expérimenté durant cette recertification, c’est que le cadre agit comme un révélateur. Il met en lumière ce qui est stable et ce qui dépend encore trop des individus. Il distingue ce qui est réellement intégré dans le fonctionnement de l’organisation de ce qui repose principalement sur la bonne volonté.

Par exemple, reverser 5 % de notre chiffre d’affaires à un programme d’impact est un engagement fort. Mais tant que cet engagement n’est pas inscrit dans des règles claires, qu’il dépend d’un arbitrage annuel ou d’une décision de direction, il reste fragile. En l’intégrant dans notre modèle économique de manière systématique, nous avons accepté qu’il ne soit plus négociable à court terme. Ce passage de l’intention à la règle change la nature de l’engagement.

De la même manière, inscrire notre mission dans nos statuts via le modèle “Mission Locked” signifie accepter que certaines décisions futures soient contraintes par ce choix. Ce n’est pas seulement symbolique. C’est une manière d’accepter que la liberté de gestion ne soit pas absolue, mais orientée par un cap explicite.

Un cadre exigeant ne réduit pas la capacité d’agir. Il oblige à clarifier les priorités et à accepter leurs conséquences.

Les chiffres, comme miroir

Le détail des piliers confirme cette évolution.

Le pilier Collectivité atteint 41,2 points, porté notamment par le modèle “Designed to Give”.

Le pilier Collaborateurs atteint 28,9 points, reflétant les efforts sur la sécurité financière et le développement de toutes les personnes qui participent activement à notre aventure Paradigm21.

La catégorie Clients obtient 18,7 points, validant notre engagement auprès d’organisations à mission.

La Gouvernance atteint 16,7 points grâce au statut “Mission Locked”.

L’Environnement atteint 8,6 points, ce qui est cohérent pour une entreprise de services avec peu d’impacts tangibles sur l’environnement.

Ces scores ne racontent pas tout. Mais ils permettent de vérifier que nos choix produisent des effets mesurables.

Formaliser sans rigidifier

La recertification a aussi mis en lumière une tension structurante pour nous : comment formaliser sans perdre l’agilité ?

Paradigm21 fonctionne avec une gouvernance à autorité distribuée. La responsabilité est partagée, les rôles sont clairs, les décisions sont prises au plus près de l’action. Une grande partie de l’efficacité repose sur la confiance et la maturité des membres.

Le référentiel B Corp, lui, exige des politiques écrites, des preuves documentées, des procédures archivées. Là où notre fonctionnement privilégie l’oralité et l’ajustement continu, l’audit demande des traces formelles.

Ce décalage aurait pu être perçu comme une simple contrainte bureaucratique. Mais il nous a obligés à une question plus fondamentale : qu’est-ce qui, dans notre fonctionnement, tient parce que les personnes sont engagées, et qu’est-ce qui tiendrait même si ces personnes changeaient ?

Formaliser certaines pratiques n’a pas consisté à les alourdir, mais à les rendre transmissibles. Décrire des boucles de feedback, clarifier des rôles, consigner des décisions importantes permet de stabiliser l’organisation au-delà des individus. Cela réduit la dépendance à la mémoire collective et renforce la continuité.

L’enjeu n’était pas de remplacer la confiance par des procédures. Il était de faire en sorte que la structure soutienne la culture plutôt que de la fragiliser.

Une garantie pour nos partenaires

Pour nos clients, des administrations publiques, des entreprises et des organisations à but non lucratif, cette recertification apporte une cohérence vérifiée.

Lorsque nous accompagnons des organisations dans leurs démarches de transformation, nous sommes nous-mêmes engagés dans un processus exigeant. Nous connaissons les contraintes liées à la documentation, aux arbitrages budgétaires et aux choix stratégiques sous pression.

Cette expérience pratique rend notre accompagnement plus réaliste. Elle évite les discours abstraits et renforce la crédibilité de nos recommandations.

Cap sur 2028 et au-delà

La recertification B Corp marque une étape. Elle ne définit pas une destination.

Les prochaines années verront évoluer les standards, mais surtout les attentes envers les entreprises. Les enjeux climatiques, sociaux et démocratiques ne se stabilisent pas ; ils s’intensifient. Dans ce contexte, la question n’est plus seulement de “faire mieux” à l’intérieur d’un cadre existant. Elle est de contribuer à transformer les règles du jeu elles-mêmes.

Pour une organisation comme Paradigm21, cela signifie aller au-delà de la conformité et continuer à interroger nos propres modèles : comment créons-nous de la valeur ? Pour qui ? À quel coût invisible ? Comment articulons-nous performance économique et contribution sociétale sans les opposer ? Et surtout, comment inscrivons-nous ces réponses dans des mécanismes durables plutôt que dans des déclarations d’intention ?

B Corp nous offre un cadre exigeant pour rester lucides. Mais ce cadre ne remplace pas la responsabilité stratégique. Il nous appartient de faire en sorte que chaque évolution de norme devienne une occasion de renforcer la cohérence entre ce que nous disons, ce que nous faisons et ce que nous rendons possible autour de nous.

Un score valide un moment. Un modèle économique, lui, se transforme en continu.

C’est dans cette transformation que nous voulons inscrire la suite.

Accompagnant, formateur et coach |  Voir les articles

J'ai rejoint Paradigm21 en 2019 suite à la rédaction d'un ouvrage sur les nouveaux paradigmes organisationnels en Suisse. Mon ambition est de mettre en place des organisations plus conscientes et un leadership bio inspiré.

Spécialiste de la transformation personnelle et organisationnelle, je fais le lien entre les performances économiques, le bien-être personnel et l'effectivité organisationnelle.

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